Tout est parti d’une question simple : la soif suffit-elle, ou faut-il boire davantage même lorsqu’on est en bonne santé ? Notre enquête nous a menés des calculs rénaux à la vasopressine, des marathoniens aux recherches sur l’hydratation financées par l’industrie, puis aux expériences animales et à deux analyses exploratoires de données de population américaines. La réponse dépendait moins du nombre de litres que nous ne l’imaginions.

La réponse en bref

Pour un adulte en bonne santé dans des conditions habituelles, aucune quantité universelle d’eau de boisson n’est solidement établie, qu’il s’agisse de 2, de 2,5 ou de 3 litres par jour.

Les recommandations officielles portent généralement sur l’apport hydrique total, c’est-à-dire l’eau contenue dans les aliments et dans toutes les boissons. Les besoins varient aussi beaucoup selon la corpulence, l’alimentation, la température, l’activité physique, la grossesse, les maladies et les pertes par transpiration.

Pour la plupart des adultes en bonne santé, se fier à la soif, aux repas et aux habitudes quotidiennes semble être un point de départ raisonnable. Dans certaines situations, boire délibérément davantage peut être utile, notamment en cas de prédisposition aux calculs rénaux et probablement chez certaines femmes sujettes à des cystites récidivantes qui boivent habituellement très peu.

Reste une question plus intrigante, à laquelle nous ne savons pas encore répondre : une personne en bonne santé, dont l’équilibre hydrique reste normal, peut-elle malgré tout gagner à boire davantage parce que son organisme doit alors moins économiser l’eau ?

La réponse est loin d’être tranchée.

Nous avons commencé par chercher le bon nombre de litres

Les valeurs de référence américaines, d’environ 3,7 litres par jour pour les hommes et 2,7 litres pour les femmes, sont souvent répétées comme si elles prescrivaient une quantité d’eau à boire.

Ce n’est pas le cas.

Elles concernent l’ensemble de l’eau ingérée, y compris celle des aliments et des boissons. Le café compte. Le thé aussi. Le lait, les fruits, les légumes et la soupe apportent également de l’eau.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) propose des valeurs de référence un peu plus basses, autour de 2,5 litres d’eau totale pour les hommes et de 2,0 litres pour les femmes dans des conditions habituelles.

RéférenceHommesFemmesÉléments pris en compte
National Academies (États-Unis)3,7 L/jour2,7 L/jourEau totale des boissons et des aliments
EFSA2,5 L/jour2,0 L/jourEau totale des boissons et des aliments
Valeurs de référence pour l’apport hydrique total dans la population. Elles ne constituent pas des objectifs universels de consommation d’eau de boisson.

Aucune de ces valeurs ne provient d’une expérience de longue durée montrant que des personnes assignées à ces quantités exactes deviennent plus saines ou vivent plus longtemps. Ce sont des repères pour des populations, non des doses optimales déterminées expérimentalement pour chaque individu.

Une vaste étude isotopique publiée dans Science en 2022 illustre clairement les limites des objectifs fixes. Yamada et ses collègues ont mesuré le renouvellement de l’eau chez 5 604 personnes de 26 pays, âgées de huit jours à 96 ans. Il variait selon l’âge, la taille et la composition corporelles, l’activité physique, la grossesse, le statut sportif, la température, l’humidité, l’altitude et les conditions socio-économiques.

Une personne menue travaillant au bureau dans un climat frais et une personne corpulente effectuant un travail manuel sous une chaleur tropicale n’ont pas les mêmes besoins. Avec de tels écarts, défendre un nombre de litres valable pour tous devient difficile.

Mais une autre possibilité subsistait. Les quantités nécessaires pourraient varier d’une personne à l’autre, tandis que beaucoup boiraient tout de même moins que ce qui serait physiologiquement idéal.

Pour l’examiner, il fallait distinguer la quantité d’eau ingérée de l’état d’hydratation.

Boire deux litres ne dit pas si l’on est bien hydraté

Imaginons deux personnes qui boivent chacune exactement deux litres pendant la journée.

L’une reste assise à son bureau. L’autre travaille dehors, par forte chaleur, et perd plusieurs litres en transpirant.

Même quantité bue, mais pas le même bilan hydrique.

L’organisme s’adapte continuellement à cette différence. Quand l’eau est relativement moins disponible, les reins en conservent davantage. Une hormone, l’arginine-vasopressine (AVP), joue un rôle essentiel dans ce mécanisme. Une activité accrue de l’AVP favorise la réabsorption rénale de l’eau : le volume des urines diminue et celles-ci deviennent plus concentrées.

Les chercheurs mesurent souvent la copeptine plutôt que l’AVP, car elle est plus stable dans le sang et est libérée en même temps que la vasopressine.

Une personne peut donc boire relativement peu tout en conservant une natrémie et une osmolalité plasmatique normales. Ses reins compensent en économisant l’eau. Une autre peut boire beaucoup plus, produire des urines nettement plus diluées et pourtant présenter une composition sanguine comparable.

Ainsi, des urines concentrées ne prouvent pas, à elles seules, une déshydratation dangereuse. Elles indiquent souvent simplement que l’organisme mobilise ses mécanismes de conservation de l’eau.

Notre question de départ a alors changé.

Cette compensation pourrait-elle avoir un coût à long terme ?

Imaginez une personne en bonne santé qui boit habituellement assez peu.

Sa natrémie reste normale. Elle ne présente aucun symptôme évident. Ses reins produisent moins d’urine, plus concentrée, tandis que l’activité de la vasopressine demeure légèrement plus élevée.

Est-ce parfaitement anodin sur plusieurs décennies ?

Des études contrôlées montrent qu’augmenter l’apport hydrique chez les personnes qui boivent habituellement peu peut accroître le volume urinaire, réduire l’osmolalité des urines et abaisser la copeptine. Des études observationnelles ont également associé des taux élevés de copeptine au diabète, à la maladie rénale chronique et à plusieurs autres problèmes de santé.

Un mécanisme est envisageable : un apport d’eau chroniquement faible pourrait entretenir une activité élevée de la vasopressine, et cet état physiologique pourrait finir par affecter la santé.

Mais la prudence s’impose. La copeptine dépend d’autres facteurs que l’apport d’eau. La fonction rénale et les maladies métaboliques peuvent la modifier. Une maladie peut aussi modifier les marqueurs de l’hydratation que l’on associera ensuite à cette même maladie.

Une distinction importante : une urine concentrée peut refléter une réponse physiologique normale de conservation de l’eau sous l’effet de la vasopressine (AVP), et non nécessairement un état nocif. La libération d’AVP répond à des signaux osmotiques et non osmotiques. Lors d’un effort prolongé, boire trop de liquides hypotoniques par rapport aux pertes et à l’excrétion, associé à une sécrétion non osmotique persistante d’AVP, peut contribuer à l’hyponatrémie (Hew-Butler et al., 2015). Il faut donc distinguer la réponse hormonale du comportement de consommation. On ignore encore si une élévation légère mais durable de l’AVP ou de la copeptine cause, indépendamment d’autres facteurs, des dommages à long terme ; un seuil d’osmolalité urinaire mesuré une seule fois ne peut pas établir ce lien causal.

Les essais randomisés sont donc particulièrement précieux.

Or ils sont étonnamment peu nombreux.

Une revue systématique n’a finalement retenu que 18 essais randomisés

Une revue systématique publiée en 2024 dans JAMA Network Open a examiné 1 464 références concernant des modifications de l’apport quotidien en eau.

Seuls 18 essais cliniques randomisés répondaient aux critères d’inclusion.

Ces essais étaient hétérogènes, souvent de petite taille. Ils concernaient notamment les calculs rénaux, les infections urinaires, la perte de poids, les migraines, le contrôle glycémique et l’hypotension. Les preuves restaient donc limitées.

Un constat se dégageait néanmoins : les résultats cliniques les plus nets concernaient les situations où l’eau supplémentaire pouvait agir par un mécanisme physique direct.

Les calculs rénaux en sont le meilleur exemple.

ÉtudePopulationInterventionRésultat principal
Borghi, 1996199 personnes après un premier calcul calciqueApport hydrique accruRécidives : 12/99 contre 27/100
Hooton, 2018140 femmes buvant peu, avec cystites récidivantes+1,5 L/jour1,7 contre 3,2 épisodes de cystite/an
CKD WIT, 2018631 adultes avec maladie rénale chronique de stade 3Apport hydrique accruCopeptine en baisse ; différence ajustée de DFGe : -0,3, non significative
PUSH, 20261 658 personnes atteintes de lithiase urinaireProgramme intensif favorisant l’hydratationÉvénements symptomatiques : 19 % contre 20 % ; HR 0,96
Quatre essais randomisés qui ont pesé sur notre interprétation des effets d’un apport hydrique accru.

Calculs rénaux : l’argument le plus solide pour boire davantage

De nombreux calculs se forment lorsque les substances qui les constituent deviennent suffisamment concentrées dans les urines.

Augmenter le volume urinaire dilue ces substances.

Dans un essai randomisé classique de cinq ans mené par Borghi et ses collègues, 199 personnes ayant eu un premier calcul calcique ont été réparties entre un groupe devant boire davantage et un groupe conservant ses habitudes.

Une récidive est survenue chez 12 personnes sur 99 dans le groupe « plus d’eau », contre 27 sur 100 dans le groupe témoin.

Le mécanisme est simple, et la différence était importante.

Un essai beaucoup plus vaste a pourtant nuancé ce résultat. L’essai PUSH, publié dans The Lancet en mars 2026, a inclus 1 658 personnes atteintes de lithiase urinaire et présentant un faible volume urinaire sur 24 heures.

Dans le groupe d’intervention, les participants bénéficiaient d’un programme à plusieurs composantes destiné à augmenter l’apport hydrique : quantité de liquide prescrite, accompagnement, incitations financières et autres outils favorisant l’observance. Le groupe témoin recevait des soins conformes aux recommandations.

Après un suivi médian de 738 jours, des événements lithiasiques symptomatiques sont survenus chez 154 des 826 participants (19 %) du groupe d’intervention et 165 des 832 (20 %) du groupe témoin. Le rapport de risques instantanés (hazard ratio) était de 0,96 (IC à 95 % : 0,77–1,20). Le volume urinaire a augmenté dans les deux groupes et est resté légèrement supérieur dans le groupe d’intervention.

Dans cet essai, un programme intensif visant à faire boire davantage n’a donc pas réduit les récidives symptomatiques au-delà des soins fondés sur les recommandations.

Cela ne signifie pas que le volume urinaire soit sans importance. La différence physiologique entre les deux groupes était bien plus faible qu’on ne pourrait le supposer à partir des étiquettes « intervention » et « témoin ». Les deux groupes recevaient déjà des soins de prévention des calculs.

En matière de prévention, le paramètre cliniquement utile pourrait donc être le volume d’urine, plutôt que le nombre de litres inscrit dans un objectif de boisson.

Cystites récidivantes : un résultat fort, mais dans une population très précise

Un essai randomisé publié en 2018 portait sur 140 femmes non ménopausées sujettes à des cystites récidivantes, qui buvaient habituellement moins de 1,5 litre de liquide par jour.

Il a été demandé à la moitié d’entre elles d’ajouter 1,5 litre d’eau par jour pendant un an.

Les femmes qui buvaient davantage ont eu nettement moins d’épisodes de cystite. Son volume urinaire a lui aussi beaucoup augmenté.

Un mécanisme plausible existe : produire davantage d’urine et uriner plus souvent pourrait réduire la durée de présence des bactéries dans les voies urinaires.

Nous avons examiné cet essai de plus près, car il était financé par Danone Nutricia Research, plusieurs auteurs travaillaient chez Danone Research et l’eau fournie était de marque Evian.

Le protocole initial montrait que l’étude visait les femmes buvant peu dès avant le recrutement. Il ne s’agissait donc pas d’une étude menée dans une population générale dont on aurait redéfini la portée a posteriori, après avoir vu les résultats.

Cependant, les critères d’inclusion ont ensuite changé. Le recrutement a été suspendu et un seuil d’osmolalité urinaire d’au moins 500 mOsm/kg a été ajouté. Le plan statistique prévoyait de comparer les participantes recrutées avant et après cette modification. Nous n’avons pas retrouvé cette comparaison dans l’article publié ni dans les résultats publics.

Les documents disponibles ne disent pas pourquoi cette comparaison a été omise.

Pour notre question principale, c’est surtout la population étudiée qui compte. L’essai concernait des femmes buvant déjà anormalement peu. Il étaye l’intérêt d’augmenter l’apport hydrique dans ce groupe, mais renseigne beaucoup moins sur l’intérêt, pour une personne en bonne santé ayant des habitudes ordinaires, d’ajouter un litre d’eau.

Un essai rénal a changé notre lecture des biomarqueurs de l’hydratation

L’essai CKD WIT a inclus 631 adultes atteints d’une maladie rénale chronique de stade 3.

Les participants ont été répartis aléatoirement entre un accompagnement destiné à augmenter l’apport hydrique et le maintien de leur consommation habituelle.

L’intervention a nettement modifié la régulation de l’eau par l’organisme. Le volume urinaire sur 24 heures a augmenté d’environ 0,6 litre par jour de plus dans le groupe « hydratation », et la copeptine plasmatique a baissé de 2,2 pmol/L par rapport aux témoins.

La fonction rénale ne s’est pas améliorée.

La baisse moyenne en un an du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) était de 2,2 mL/min/1,73 m² dans le groupe « hydratation », contre 1,9 dans le groupe témoin. La différence ajustée n’était que de -0,3.

Cette différence entre marqueurs physiologiques et santé rénale a orienté la suite de notre enquête.

Boire davantage peut diluer l’urine, en augmenter le volume et réduire la copeptine. Ces effets physiologiques sont réels. Ils ne nous disent pas, à eux seuls, si le risque de maladie a changé.

Pourquoi le seuil de 500 mOsm/kg est devenu important

L’osmolalité urinaire décrit la concentration des urines.

Plus elle est élevée, plus la quantité de substances dissoutes est importante par rapport à celle d’eau.

En 2015, Perrier et ses collègues ont proposé une valeur d’environ 500 mOsm/kg dans les urines de 24 heures comme indicateur pratique d’une « hydratation optimale ». Plusieurs calculs de leur article aboutissaient à des valeurs voisines. L’étude portait sur 95 adultes et plusieurs auteurs étaient affiliés à Danone Research.

Ce chiffre a ensuite été repris dans un modèle plus large, celui de l’« hydratation pour la santé ».

Une revue ultérieure a proposé un apport hydrique total d’environ 2,5 à 3,5 litres par jour, suffisant pour produire quelque 2 à 3 litres d’urines dont l’osmolalité serait inférieure à 500 mOsm/kg. L’objectif avancé ne consistait pas seulement à éviter une déshydratation clinique. Il s’agissait aussi de réduire l’activité de la vasopressine et l’effort physiologique nécessaire pour économiser l’eau.

Nous voulions vérifier si, dans les données de santé, le seuil de 500 correspondait réellement à une frontière biologique.

C’est ce qui nous a conduits à notre première analyse de la National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), vaste enquête américaine sur la santé et la nutrition réalisée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et leur Centre national des statistiques de santé.

Notre première analyse NHANES : le seuil de 500 change-t-il quelque chose ?

Nous avons effectué une analyse exploratoire des données individuelles de NHANES 2011–2012.

L’analyse principale concernait les adultes de 51 à 70 ans. Grâce aux identifiants des participants, nous avons rapproché l’osmolalité d’un échantillon ponctuel d’urine aux mesures rénales et aux données disponibles sur la mortalité lors du suivi.

Cette analyse n’a pas fait l’objet d’une évaluation par les pairs. Elle portait, pour la mortalité, sur 1 655 personnes et 66 décès. Nos calculs principaux n’intégraient pas le plan de sondage complet de NHANES, avec pondérations, strates et unités primaires d’échantillonnage. L’osmolalité urinaire n’avait été mesurée qu’une fois, et l’analyse rénale était transversale.

Nous posions une question précise : 500 mOsm/kg constitue-t-il une frontière de risque particulière ?

Non.

Parmi les participants dont l’osmolalité urinaire était inférieure à 500, la mortalité brute était de 4,76 %. Elle était de 3,93 % entre 500 et 799, puis de 2,82 % à partir de 800.

Ces pourcentages non ajustés ne doivent pas être interprétés comme la preuve que des urines concentrées protègent la santé. De nombreux facteurs peuvent modifier cette relation.

Après ajustement pour l’âge et le sexe, une osmolalité urinaire d’au moins 500 mOsm/kg n’était toujours pas associée à une mortalité supérieure. Le hazard ratio était de 0,71, avec un intervalle de confiance à 95 % de 0,43–1,16.

Pour notre critère rénal composite, l’odds ratio ajusté pour l’âge et le sexe était de 0,87 (0,67–1,13).

Nous avons aussi répété l’analyse de mortalité avec des seuils allant de 300 à 900 mOsm/kg, au lieu de choisir 500 au préalable.

Aucune rupture nette du risque n’apparaissait autour de 500.

Rapports de cotes de mortalité ajustés pour les seuils d’osmolalité urinaire de 300 à 900 mOsm/kg, NHANES 2011–2012
Figure 1. Exploration des seuils d’osmolalité urinaire dans notre analyse NHANES 2011–2012. Les points indiquent les odds ratios de mortalité ajustés pour l’âge et le sexe aux seuils de 300 à 900 mOsm/kg ; les barres représentent les intervalles de confiance à 95 %. La ligne horizontale correspond à un odds ratio de 1,0, et la verticale au seuil couramment utilisé de 500 mOsm/kg. Aucune rupture nette n’apparaît à 500. L’analyse portait sur 1 655 participants et 66 décès, sans prise en compte du plan d’échantillonnage complet de NHANES.

Ce résultat autorise une conclusion limitée : dans cet ensemble de données, 500 mOsm/kg ne se comportait pas comme une frontière clairement démontrée entre une hydratation inoffensive et une hydratation nocive.

La concentration urinaire posait un autre problème en tant qu’indicateur direct de l’hydratation.

La fonction rénale modifie elle-même la concentration des urines

Produire des urines concentrées exige des reins fonctionnels.

À mesure qu’une maladie rénale progresse, la capacité à concentrer les urines peut diminuer.

Des urines relativement diluées peuvent donc résulter d’un apport d’eau abondant, mais aussi d’une moindre capacité des reins à économiser l’eau.

La documentation des CDC sur NHANES précise que l’osmolalité urinaire peut refléter l’état d’hydratation ou une fonction rénale altérée.

Une analyse indépendante de NHANES 2009–2012, portant sur 7 373 participants, a utilisé des modèles pondérés selon le plan d’enquête et davantage de facteurs d’ajustement.

Au départ, le quartile d’osmolalité urinaire le plus élevé semblait associé à moins d’issues rénales défavorables, mais l’association n’était plus statistiquement significative après ajustement complet. Elle variait aussi en fonction de la fonction rénale.

L’osmolalité urinaire reste ainsi utile pour comprendre la physiologie, mais difficile à interpréter comme un indicateur universel de bonne santé.

À ce stade, une autre difficulté fondamentale s’est imposée.

Beaucoup d’études qualifient de « petits consommateurs d’eau » les personnes dont l’apport a été mesuré sur une seule journée.

Cette classification est-elle stable ?

Notre deuxième analyse NHANES : existe-t-il vraiment des personnes qui boivent habituellement peu ?

Dans NHANES 2011–2012, de nombreux participants ont fourni deux rappels alimentaires détaillés de 24 heures.

Le premier a été réalisé en personne. Le second, par téléphone, 3 à 10 jours plus tard.

Pour notre deuxième analyse exploratoire, nous avons retenu des adultes de 20 ans ou plus disposant de deux rappels alimentaires jugés fiables, d’une pondération alimentaire adaptée à l’analyse sur deux jours et d’une mesure de l’osmolalité urinaire.

L’échantillon final comprenait 4 134 adultes.

Notre variable principale n’était pas le seul volume d’eau de boisson consommée. Nous avons utilisé la quantité totale d’eau apportée par les aliments, les boissons et l’eau de boisson.

Cette distinction compte : quelqu’un qui boit peu d’eau de boisson peut néanmoins absorber beaucoup d’eau par le café, le thé, les fruits, les légumes, le lait et d’autres aliments ou boissons.

Les apports hydriques présentaient une corrélation modérée entre les deux journées. La corrélation de Pearson pondérée selon l’enquête était de 0,478 ; la corrélation de Spearman non pondérée, de 0,527.

Les changements de catégorie entre les deux jours étaient plus parlants.

Parmi les participants situés dans le quartile inférieur de l’apport hydrique total au premier jour, 50,7 % étaient à nouveau dans ce quartile au deuxième jour.

Si les rangs d’apport des deux journées avaient été indépendants, on aurait attendu environ 25 %.

À l’autre extrémité, 53,3 % des personnes appartenant au quartile supérieur y étaient encore le deuxième jour.

Cela suggère que la consommation relative d’eau possède bien une composante individuelle identifiable.

Elle n’est cependant pas très stable. Près de la moitié des personnes classées parmi les petits consommateurs un jour ne se retrouvaient plus dans le quartile inférieur quelques jours plus tard.

Ce constat invite à la prudence dans les études observationnelles fondées sur un seul rappel alimentaire de 24 heures.

Nous avons ensuite comparé la concentration urinaire selon les profils d’apport observés sur les deux jours.

Chez les participants restés dans le quartile inférieur les deux jours, l’osmolalité urinaire médiane était de 697 mOsm/kg.

Chez ceux qui avaient un apport faible seulement au premier jour, elle était de 655 mOsm/kg.

Chez ceux qui avaient un apport faible seulement au deuxième jour, elle était de 644 mOsm/kg.

Chez ceux qui n’appartenaient jamais au quartile inférieur, elle était de 619 mOsm/kg.

Osmolalité urinaire médiane selon le profil de consommation totale d’eau sur deux jours, NHANES 2011–2012
Figure 2. Concentration des urines selon le profil d’apport hydrique total sur deux jours dans notre analyse exploratoire NHANES 2011–2012. L’osmolalité médiane atteignait 697 mOsm/kg chez les adultes du quartile inférieur les deux jours, contre 619 mOsm/kg chez ceux qui n’y figuraient aucun des deux jours. Les groupes intermédiaires n’avaient un apport faible que sur une seule journée. La figure présente des médianes par groupe, non les distributions complètes ; elle ne signifie pas que les profils individuels sont totalement séparés.

Les distributions se chevauchaient largement. Le groupe dont l’apport était durablement faible présentait néanmoins des urines plus concentrées que celui dont l’apport n’était faible aucun des deux jours.

Nous avons testé la robustesse de ce résultat par d’autres méthodes.

En définissant séparément les faibles apports chez les hommes et chez les femmes, l’osmolalité médiane atteignait 701 mOsm/kg dans le groupe « faible les deux jours », contre 613 dans le groupe « jamais faible ».

Avec un seuil simple d’environ 2 litres d’eau totale par jour, nous obtenions un résultat analogue : 695 mOsm/kg chez les personnes sous ce seuil les deux jours, contre 617 chez celles qui le dépassaient les deux jours.

Ces analyses ne démontrent pas qu’un apport habituellement faible provoque des maladies.

Elles répondent à une question méthodologique antérieure : il semble exister un profil de consommation durablement faible, mais des mesures répétées permettent de bien mieux l’identifier qu’une seule journée d’apport.

Ce résultat suggère surtout comment tester un jour l’hypothèse principale sur l’hydratation.

La question du financement

À mesure que nous parcourions les travaux sur l’« hydratation optimale », la copeptine et le seuil de 500 mOsm/kg, le nom de Danone revenait régulièrement.

L’eau représente une part majeure de l’activité de Danone. Dans son rapport de 2025, le segment Eaux comptait pour environ 18 % des ventes du groupe, qui se présentait comme le deuxième producteur mondial d’eaux conditionnées.

Plusieurs articles influents sur l’hydratation comptent parmi leurs auteurs des chercheurs affiliés à Danone Research, dont l’étude proposant le seuil d’environ 500 mOsm/kg. Des employés de Danone Research ont également participé à l’essai sur les cystites récidivantes.

Cela n’invalide pas ces études.

Il faut plutôt se demander si le financement commercial influe sur les questions scientifiques étudiées au fil du temps.

Un fabricant d’eau n’a pas besoin de prouver qu’une marque particulière est meilleure que l’eau du robinet pour bénéficier d’une tendance générale incitant les consommateurs à boire volontairement davantage.

Les essais que nous avons examinés ne permettent pas de conclure à une fabrication systématique de résultats favorables. Certaines études liées à l’industrie ont trouvé des résultats favorables, d’autres non.

L’influence possible se situerait plutôt au niveau des priorités de recherche et du cadrage des questions : étudier à répétition si les gens boivent trop peu, si leurs urines devraient être plus diluées et si leur vasopressine devrait être plus basse.

La question plus générale a fait l’objet de moins de tests directs : des personnes par ailleurs en bonne santé vivent-elles plus longtemps ou développent-elles moins de maladies lorsqu’elles boivent volontairement davantage que ne le prévoiraient leurs habitudes ?

Longévité humaine : des résultats moins frappants que ceux des biomarqueurs

Une méta-analyse de 2021 a réuni sept cohortes prospectives totalisant environ 116 800 participants et 14 754 décès.

Ni la consommation d’eau de boisson ni l’apport hydrique total ne présentaient, dans les comparaisons principales, d’association globale convaincante avec la mortalité toutes causes confondues. Un apport hydrique total plus élevé était associé à une mortalité cardiovasculaire plus faible ; certaines analyses dose-réponse faisaient apparaître d’autres signaux.

Il s’agit d’études observationnelles, et mesurer l’apport d’eau sur de longues périodes est difficile.

Notre propre analyse NHANES sur deux jours illustre une partie du problème : la position d’une personne dans la distribution des apports peut beaucoup varier en quelques jours.

Un questionnaire alimentaire peut assez bien restituer la journée d’hier et pourtant mal représenter les habitudes d’une personne sur plusieurs années.

Les expériences sur les animaux permettent un contrôle plus étroit.

Chez la souris, un résultat intriguant sur un tout petit effectif

Dans une étude des NIH publiée en 2019, des souris ont été soumises dès l’âge d’un mois à une légère restriction hydrique maintenue toute leur vie.

Leurs urines sont devenues plus concentrées, et plusieurs modifications métaboliques, inflammatoires et dégénératives ont été observées. Leur durée de vie aurait été raccourcie d’environ six mois, soit 18 %, par rapport à celle des témoins.

Mais la comparaison de survie ne portait que sur 11 souris témoins et 6 souris dont l’eau était restreinte.

L’expérience apporte un indice causal utile, mais les 18 % ne constituent pas une estimation précise et solidement établie de l’effet d’une légère restriction hydrique chronique.

Nous n’avons pas trouvé de grande réplication indépendante menée sur toute la durée de vie des animaux.

Des expériences sur les drosophiles ont apporté un autre éclairage.

Les drosophiles suggèrent que les besoins en eau dépendent aussi de l’alimentation

Chez la drosophile, l’accès à de l’eau supplémentaire changeait peu la durée de vie lorsque le régime alimentaire était ordinaire.

La situation devenait différente lorsque la nourriture contenait beaucoup plus de sucre.

Une étude publiée en 2020 a montré qu’un régime riche en sucre perturbait l’équilibre hydrique et raccourcissait la vie. Donner accès à de l’eau supplémentaire supprimait une grande partie de cet excès de mortalité, alors même que l’obésité, l’hyperglycémie et la résistance à l’insuline persistaient.

Dans les expériences examinées au cours de notre enquête, des concentrations croissantes de sucre réduisaient de plus en plus la durée de vie lorsque les mouches n’avaient pas accès à de l’eau supplémentaire. Cet apport d’eau supprimait une grande partie de la mortalité liée au déséquilibre hydrique.

Des expériences connexes ont mis en évidence des interactions avec le sel et avec des régimes plus riches.

On ne peut pas en déduire directement des conseils de boisson pour les humains.

Le point important est que les besoins en eau dépendent aussi des substances que les reins doivent éliminer.

Le sel et les protéines changent l’équation hydrique

Les reins doivent éliminer le sodium, le potassium, l’urée et d’autres substances dissoutes.

Supposons qu’ils aient à excréter 1 000 unités de substances dissoutes en une journée.

Si le volume urinaire est de 1,2 litre, la concentration moyenne sera d’environ 833 unités par litre.

Si les mêmes substances sont excrétées dans 2,5 litres, la concentration tombe à environ 400.

Une autre option existe : réduire la quantité de solutés à éliminer.

L’alimentation entre donc dans l’équation.

Le sel contribue à la charge osmotique rénale. Les protéines y contribuent surtout par l’urée. Les pertes par transpiration, l’activité physique et la température modifient l’autre terme de l’équation, celui de l’eau.

Deux personnes buvant les mêmes deux litres peuvent donc soumettre leur système de régulation hydrique à des contraintes très différentes.

Les études sur le travail physique intense par forte chaleur l’illustrent particulièrement bien.

Par forte chaleur, même cinq litres peuvent ne pas suffire

Certains ouvriers agricoles d’Amérique centrale déclarent boire cinq ou six litres pendant leur journée de travail tout en présentant des signes de stress rénal aigu.

Ils perdent énormément d’eau et travaillent dans des conditions extrêmes.

Un effort intense à la chaleur augmente les pertes par transpiration, élève la température corporelle, modifie le flux sanguin rénal et ajoute un stress métabolique et inflammatoire.

Dans ces populations, les personnes qui boivent le plus peuvent aussi être celles qui fournissent les efforts les plus pénibles et perdent le plus d’eau.

On peut même observer une association dans laquelle une consommation d’eau déclarée plus élevée accompagne de moins bons résultats rénaux.

Des programmes combinant eau, électrolytes, repos et ombre ont réduit les atteintes rénales dans ces situations. Puisque plusieurs expositions changeaient simultanément, ils ne permettent pas d’attribuer une part précise du bénéfice à l’eau seule.

Cinq litres peuvent donc être appropriés, voire insuffisants, dans certaines conditions, et excessifs dans d’autres.

Le marathon de Boston illustre le problème opposé.

Au marathon de Boston, le risque inverse : boire trop

Dans une étude classique du marathon de Boston, 488 coureurs ont fourni des échantillons sanguins exploitables après l’arrivée.

Treize pour cent présentaient une hyponatrémie, définie par une concentration de sodium sanguin inférieure ou égale à 135 mmol/L. Trois coureurs, soit 0,6 %, avaient un taux dangereusement bas, inférieur ou égal à 120 mmol/L.

Prendre du poids pendant la course figurait parmi les facteurs de risque les plus importants, avec un odds ratio ajusté de 4,2.

Lors d’un effort prolongé, la vasopressine peut rester élevée sous l’effet de l’exercice, de la douleur, des nausées, de la chaleur et d’autres signaux de stress. Les reins peuvent alors continuer à retenir de l’eau pendant que le sportif continue de boire.

Si l’apport dépasse les pertes et les capacités d’excrétion, le sodium sanguin se dilue.

Dans les cas graves, cela peut provoquer un œdème cérébral, des convulsions, un coma ou la mort.

Voilà une limite très concrète au conseil de « boire autant que possible ».

La soif suffit-elle ?

L’affirmation répandue selon laquelle la soif n’apparaîtrait qu’après une déshydratation importante est trop simpliste.

La régulation de la soif peut agir par anticipation.

Les travaux de neurosciences chez l’animal montrent que les circuits qui contrôlent la soif réagissent à l’alimentation et à la boisson avant que la composition du sang ait entièrement changé. Boire au repas, avant de dormir ou avant une perte d’eau prévisible peut relever d’une régulation anticipatrice.

Les humains boivent aussi sans éprouver de soif immédiate : pendant les repas, au réveil, avant le sport ou simplement parce qu’une boisson est disponible.

La régulation de l’eau associe ainsi la soif, les habitudes acquises, les repas, la capacité des reins à conserver l’eau et les signaux hormonaux.

Pour la plupart des adultes en bonne santé vivant dans des conditions ordinaires, cet ensemble semble fonctionner raisonnablement bien.

Il existe toutefois des situations où le système est moins fiable.

Le vieillissement peut atténuer les réponses de la soif. Les maladies et les médicaments peuvent modifier la régulation de l’eau et du sodium. Les troubles cognitifs ou la mobilité réduite peuvent limiter l’accès à l’eau. La chaleur et les pertes rapides par transpiration peuvent nécessiter un remplacement planifié. Nous examinons séparément dans quels cas un apport supplémentaire en électrolytes est réellement utile (article en anglais).

C’est pourquoi les conseils d’hydratation doivent toujours tenir compte du contexte.

Que peut nous apprendre la couleur des urines ?

Au quotidien, la couleur des urines donne une indication pratique, mais approximative, de leur concentration.

Une urine jaune foncé signifie généralement que les reins économisent davantage d’eau.

Elle ne mesure pas directement un déficit en eau de l’organisme.

Les urines du matin sont naturellement plus concentrées. Certaines vitamines, certains aliments et médicaments peuvent en modifier la couleur. La fonction rénale influe elle aussi sur la capacité de concentration.

Des urines très pâles signifient simplement qu’elles sont diluées.

Rien ne démontre solidement que maintenir une urine presque transparente toute la journée soit un objectif de santé général.

Combien boire, finalement, lorsqu’on est en bonne santé ?

Nous n’avons pas trouvé de bonne raison de remplacer la célèbre règle des deux litres par un autre chiffre universel.

Pour un adulte en bonne santé dans des conditions ordinaires, boire selon sa soif, ses repas et ses habitudes quotidiennes constitue une base raisonnable.

L’apport hydrique total compte davantage que le volume d’eau de boisson pris isolément.

Le café et le thé apportent de l’eau. Les aliments aussi. Il n’est pas nécessaire d’ajouter autant d’eau de boisson pour « compenser » ces apports.

Les besoins augmentent lorsque les pertes augmentent, en particulier avec la chaleur, l’exercice, la fièvre, les vomissements et la diarrhée. La grossesse et l’allaitement modifient eux aussi le renouvellement hydrique.

Chez les personnes sujettes aux calculs rénaux récidivants, un objectif explicite de volume urinaire peut être pertinent. Les femmes souffrant de cystites récidivantes qui boivent habituellement très peu peuvent bénéficier d’un apport accru.

L’insuffisance cardiaque, une maladie rénale avancée, les troubles de la régulation du sodium et certains médicaments peuvent créer la situation inverse, où l’excès de liquide est indésirable.

La bonne question est donc rarement : « Combien de litres chacun devrait-il boire ? »

Elle est plutôt la suivante : de quelle quantité d’eau cette personne a-t-elle besoin, dans ces conditions, pour compenser ses pertes et répondre aux contraintes physiologiques ?

Ce que les données permettent raisonnablement d’affirmer

Les besoins hydriques humains varient trop pour qu’une même quantité d’eau de boisson constitue la prescription optimale pour tous.

Les valeurs de référence officielles concernent généralement l’eau totale provenant des boissons et des aliments.

Les reins peuvent maintenir une composition sanguine relativement stable malgré des apports hydriques très différents, en faisant varier le volume et la concentration des urines.

Augmenter l’apport hydrique modifie de manière fiable la physiologie de l’hydratation : cela peut augmenter le volume urinaire, diminuer l’osmolalité des urines et abaisser la copeptine.

Le bénéfice clinique est le plus évident lorsqu’un mécanisme direct existe, notamment pour la prévention des calculs rénaux.

Boire trop peut également être nocif lorsque l’eau arrive plus vite qu’elle n’est perdue ou excrétée.

Notre première analyse exploratoire de NHANES n’a pas trouvé d’éléments montrant que 500 mOsm/kg constituait un seuil particulier au-delà duquel le risque de décès ou d’atteinte rénale augmenterait brusquement.

Notre deuxième analyse NHANES a montré qu’un apport hydrique relativement faible comporte une véritable composante individuelle. Des apports faibles répétés étaient aussi associés à des urines plus concentrées. Cependant, un seul rappel alimentaire de 24 heures classe une proportion importante de personnes différemment de ce que révélera leur consommation quelques jours plus tard.

Ce qui reste incertain

La principale question non résolue est de savoir si l’économie chronique d’eau a des conséquences importantes à long terme chez des personnes par ailleurs en bonne santé.

Des apports faibles à plusieurs reprises sont associés à des urines plus concentrées.

Un apport plus faible peut accroître l’activité de la vasopressine.

Une copeptine élevée est associée à plusieurs maladies chroniques.

Certaines expériences animales montrent des effets néfastes d’une restriction hydrique chronique.

Il manque encore un essai humain convaincant à long terme montrant qu’une personne en bonne santé, qui boit durablement peu et présente des urines concentrées, améliore effectivement sa santé en buvant volontairement davantage.

Modifier la copeptine ou l’osmolalité urinaire ne permet pas, à lui seul, de répondre à cette question.

La question qui mérite maintenant une réponse

Au départ, nous nous demandions :

Combien de litres d’eau faut-il boire ?

Nous pouvons désormais formuler une meilleure question de recherche :

Parmi les personnes qui boivent régulièrement assez peu et dont l’organisme économise constamment l’eau, lesquelles présentent simplement un fonctionnement physiologique normal, et lesquelles bénéficieraient réellement d’un apport accru ?

Un prochain essai ne devrait donc pas recruter au hasard des adultes en bonne santé.

Il devrait d’abord identifier les personnes dont l’apport hydrique total est faible lors de plusieurs mesures et chez lesquelles plusieurs mesures indiquent une conservation accrue de l’eau.

Il faudrait aussi mesurer l’alimentation, la fonction rénale, les apports en sel et en protéines, l’activité physique, la température et la corpulence.

On pourrait ensuite répartir aléatoirement les participants entre une augmentation de l’apport hydrique et le maintien de leurs habitudes, puis suivre des résultats cliniquement importants.

Notre deuxième analyse NHANES suggère qu’en principe, il est possible d’identifier cette population.

Reste à établir si boire davantage améliore réellement leur santé à long terme.

Nous ne le savons pas encore.

Études originales et principales revues citées

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  16. Analyses exploratoires du Null Institute sur NHANES 2011–2012. La première examinait l’osmolalité urinaire, les mesures rénales et le suivi de mortalité associé ; la seconde, l’apport hydrique total sur deux jours et l’osmolalité d’un échantillon ponctuel d’urine. Ces analyses n’ont pas été évaluées par les pairs ; elles sont présentées comme des tests exploratoires d’hypothèses précises, et non comme des preuves cliniques indépendantes.