La vie ressemble parfois à des montagnes russes : un virage, une chute, une poussée d’adrénaline, et cette impression de perdre le contrôle. Mais quand le mot « cancer » surgit, le vertige n’a plus rien d’un jeu. Pour un adolescent, tout ce qui semblait solide peut vaciller d’un coup.
Comment retrouver un peu de stabilité ? Comment comprendre ce qui arrive, reprendre confiance et continuer à aller en cours, à voir ses amis, à aimer et à se projeter dans l’avenir ? Je m’appelle Irina Pavlova. J’accompagne des personnes qui traversent des épreuves difficiles et j’aimerais en parler avec toi.
Je vais te parler directement, comme si nous étions assis l’un en face de l’autre dans un endroit calme. Tu es installé dans un canapé moelleux, avec ta boisson préférée à portée de main. Je te raconte ce que je sais et ce que j’ai vu dans mon travail. Et nous essayons ensemble de mettre des mots sur ce que tu ressens.
Nous verrons aussi comment trouver du soutien et réduire certains risques connus pour la santé, sans laisser la peur de la maladie envahir toute ta vie.
Alors, commençons.
Un diagnostic, et tout bascule
Le cancer peut te toucher, toi, ou toucher quelqu’un que tu aimes. Souvent, il arrive sans prévenir.
Parfois, il suffit d’entendre le mot « cancer » pour que l’atmosphère d’une pièce change.
Un médecin annonce un diagnostic. Soudain, la vie se découpe en deux : il y a l’avant et il y a l’après.
Hier encore, tu pensais aux cours, aux amis, à un contrôle, à quelqu’un qui te plaît dans la classe d’à côté, à une dispute avec tes parents, aux vacances d’été, au bal du lycée, à un nouveau téléphone, à un pull à la mode, à un bouton sur ton nez ou à cette insupportable prof de géographie. Aujourd’hui, un seul mot semble rendre tout cela dérisoire.
C’est peut-être toi qui es malade. Ou ta mère, ton père, ton frère, ta sœur, un ami. Tu as peut-être simplement appris qu’un grand-parent, une tante ou un autre membre de la famille a eu un cancer, et une autre peur apparaît : « Est-ce que ce sera mon tour ? »
Et les questions affluent. Tu n’oses pas toujours les poser à voix haute ; parfois, sous le choc, tu ne sais même pas comment les formuler :
- Pourquoi est-ce arrivé ?
- Aurait-on pu l’éviter ?
- Est-ce que je vais mourir ?
- Est-ce que la personne malade va mourir ?
- Est-ce héréditaire ?
- Et si c’était parce que je m’inquiète trop ?
- Et si j’avais un jour souhaité du mal à cette personne ?
- Pourquoi est-ce que j’aime mon proche malade tout en lui en voulant ?
- Pourquoi ai-je encore envie de sortir et de rire alors que quelqu’un souffre chez moi ? Pourquoi en ai-je honte ?
- Ai-je encore le droit de vivre ma vie ?
Commençons par ce qui compte le plus.
Le cancer n’est pas une punition pour de « mauvaises pensées »
Un cancer ne s’explique pas par une seule cause psychologique. Il résulte généralement d’une combinaison complexe de facteurs biologiques, d’éléments héréditaires, de modifications cellulaires aléatoires et d’expositions environnementales. Pour certains cancers, le mode de vie et les infections jouent aussi un rôle. Mais les peurs, les rancœurs ou les conflits intérieurs non résolus ne sont pas reconnus comme des causes indépendantes du cancer.
Rien ne permet scientifiquement d’affirmer qu’une personne a développé un cancer parce qu’elle « n’a pas pardonné », « a refoulé sa colère », « ne s’aimait pas assez », a divorcé, s’est disputée avec ses parents ou n’a pas pensé assez positivement.
Ce genre d’explication peut séduire, parce qu’il donne une impression de contrôle : si je trouve la cause psychologique de la maladie, peut-être pourrai-je faire en sorte que cela n’arrive plus jamais.
Mais cette impression de contrôle s’accompagne d’un terrible sentiment de culpabilité : et si la personne malade avait elle-même provoqué son cancer ?
Pour un adolescent, cette idée peut être particulièrement destructrice.
Tu apprends encore à distinguer ce qui dépend de toi, ce qui relève de la responsabilité des adultes et ce sur quoi personne n’a prise. Si un parent tombe malade, tu peux te dire : « Maman est tombée malade après notre grosse dispute. » Ou bien : « J’en ai tellement voulu à mon frère. Et maintenant, il a un cancer. »
Non.
Tes pensées ne font pas apparaître une tumeur chez quelqu’un d’autre.
Ta colère ne provoque pas de cancer.
Une dispute avec un proche ne peut pas, comme par magie, déclencher un cancer.
Le stress chronique peut effectivement agir sur le sommeil, les réponses hormonales, le système immunitaire, les comportements et la santé en général. Mais cela ne permet pas de résumer une question aussi complexe à l’équation « stress = cancer ».
Le cancer désigne un ensemble de maladies complexes liées à des modifications des cellules. L’hérédité, les infections, l’exposition à des substances cancérogènes, le mode de vie, l’environnement, des changements cellulaires dus au hasard et bien d’autres facteurs peuvent influer sur le risque. La médecine sait parfois identifier les facteurs de risque avec une assez grande précision. Mais à la question « Pourquoi cette personne-là ? », il n’existe pas toujours de réponse certaine.
Ne pas avoir de réponse, c’est difficile à accepter. Parfois, on préférerait même ne rien savoir plutôt que d’entendre une explication effrayante. Pourtant, mieux vaut reconnaître qu’on ignore la cause que s’accrocher à une fausse explication qui rend la personne malade coupable.
Et quel rôle jouent alors les émotions et le corps ?
Parler de psychosomatique ne revient pas forcément à dire : « Tu es tombé malade parce que tu n’as pas su vivre comme il fallait. » Ce qui m’intéresse ici, c’est le lien entre les émotions et ce que l’on ressent dans son corps. Pas l’idée que le cancer aurait une origine psychologique.
La question la plus utile est peut-être : qu’est-ce qui se passe en moi, dans mon corps et dans ma vie, en ce moment ? Ou plus simplement : qu’est-ce que je sens dans mon corps ? Quelles émotions me traversent ? Où est-ce que je me crispe ?
Le corps et l’esprit agissent constamment l’un sur l’autre. Des mois d’anxiété peuvent perturber le sommeil, l’appétit, l’activité physique et la concentration. Si cette anxiété ne te lâche pas, tu n’as pas à rester seul avec elle : elle peut peser lourdement sur tes forces et sur ton quotidien.
Notre corps sait réagir à un danger immédiat : fuir un chien agressif, traverser une rivière à la nage, sortir un ami d’une bagarre ou défendre ses limites. Une hausse passagère de l’adrénaline, de la noradrénaline et du cortisol aide à mobiliser nos ressources. Nous pouvons nous sentir plus forts, plus rapides, plus courageux. Et même un danger imaginaire peut déclencher une véritable réaction de stress ; son intensité et sa durée varient selon les personnes et les situations. Un ours qui n’existe que dans ta tête peut accélérer ton cœur, alors qu’aucun ours ne te poursuit.
Mais si l’alarme reste allumée en permanence, ton cerveau peut finir par organiser tes réactions comme si cet ours te poursuivait sans répit. Et puisque l’ours n’existe que dans ton imagination, tu ne peux jamais vraiment lui échapper.
Prenons un exemple :
- La peur peut pousser quelqu’un à éviter complètement les médecins.
- Chez d’autres, elle produit l’effet inverse : vérifier sans cesse chaque grain de beauté, chaque ganglion, multiplier les examens et consulter au moindre symptôme inhabituel.
Refouler ses émotions ne les transforme pas en tumeur. Cela peut, en revanche, rendre plus pénible encore ce que l’on traverse.
C’est là que le soutien psychologique peut aider : non pas à chercher quelle émotion serait « coupable » du cancer, mais à faire en sorte que la maladie ne coupe pas une personne de sa propre vie.
Il ne s’agit plus de chercher un coupable, mais de comprendre ce dont on a besoin pour traverser l’épreuve.
Au lieu de te demander « Quel conflit intérieur m’a donné le cancer ? », tu peux essayer de partir de ce que tu vis :
« Qu’est-ce qui m’arrive en ce moment ? De quoi ai-je peur ? Pourquoi suis-je en colère ? Qu’est-ce que j’essaie de contrôler ? Qu’est-ce que je n’arrive pas à dire ? De quoi ai-je le plus besoin ? Comment puis-je m’aider à traverser cette épreuve ? »
Et si le cancer te touchait, toi ?
À l’adolescence, on commence à revendiquer le droit de décider par soi-même. C’est une part naturelle du passage à l’âge adulte. Tu veux choisir tes vêtements, tes amis, tes sorties, les personnes que tu aimes et ce que tu fais.
Puis la maladie survient. Les médecins programment les examens. Tes parents discutent du traitement, inquiets, effrayés, parfois absorbés par leurs propres émotions. Tu dois prendre des médicaments. Ton quotidien change. Ton apparence aussi, peut-être : perte de cheveux, éruptions cutanées, gonflements, variations de poids. Tu peux ressentir de la fatigue, des nausées, des douleurs, ou constater que ton corps ne te permet plus tout ce qu’il permettait auparavant.
Au moment même où tu voudrais crier « Maintenant, c’est moi qui décide ! », ta vie se remplit des « il faut » des autres.
Tu peux même avoir l’impression que ton corps ne t’appartient plus. Tu en veux à toi-même, au monde entier. Je peux le comprendre. Tu as le droit d’être en colère.
Tu peux en vouloir aux médecins, à tes parents, à tes camarades en bonne santé, à ton propre corps, à Dieu ou au destin. Quand quelqu’un se plaint d’un contrôle à l’école alors que tu attends un nouvel examen à l’hôpital, tu peux trouver cela insupportable. Tu as le droit d’être jaloux, d’avoir peur, d’être épuisé ou de ne plus supporter qu’on te parle du cancer.
Aucune de ces émotions ne fait de toi un « mauvais patient » ni une mauvaise personne. Elles ne signifient pas que tu ne te bats pas assez.
Tu n’as pas à être un héros
Autour du cancer, on entend souvent un discours de combat qui peut faire du mal : « Tu es fort. » « Tu dois gagner. » « Tout est une question de mental. » « Ne te laisse pas abattre. »
Pour ceux qui les prononcent, ces paroles se veulent encourageantes. Mais toi, tu peux y entendre une obligation : « Je n’ai pas le droit d’avoir peur. Je n’ai pas le droit d’être fatigué. Si le traitement échoue, c’est que je ne me suis pas assez battu. »
Crois-moi, la maladie n’est pas une épreuve de volonté. Tu peux vouloir vivre de toutes tes forces et trembler de peur. Faire confiance aux traitements et pleurer. Te sentir prêt au combat un jour, puis en vouloir à la terre entière le lendemain. Face à une maladie grave, tu n’as pas à être exemplaire, ni à sourire sans cesse.
La peur de mourir
J’ai reçu en consultation des personnes d’une soixantaine d’années, avec quatre petits-enfants et toute une vie derrière elles, qui avaient encore très peur de parler de leur propre mort.
Certains adultes pensent qu’en parler ne ferait qu’effrayer davantage un enfant.
Mais toi, tu as peut-être déjà pensé à la mort des dizaines, voire des centaines de fois. Le silence des adultes n’efface pas ces pensées : il te laisse simplement seul avec ta peur.
Alors, aux adultes qui lisent ces lignes, je voudrais dire ceci : lorsqu’un adolescent demande « Est-ce que je vais mourir ? », ne répondez pas trop vite « Ne dis pas de bêtises, bien sûr que non ! »
Vous pourriez plutôt dire : « Je comprends que tu aies peur. Demandons au médecin ce que l’on sait aujourd’hui de ta maladie et de ton traitement. Je suis là, et nous pouvons en parler. »
Cette réponse vaut mieux qu’une promesse que personne ne peut tenir.
« Mon corps m’a trahi »
Le cancer peut aussi bouleverser la relation que tu entretiens avec ton corps. Tu peux finir par le voir comme un ennemi. On l’examine, on le pique, on l’opère. Les cicatrices apparaissent. Son apparence peut changer, son odeur aussi, jusqu’aux sensations qu’il te procure.
C’est particulièrement douloureux à un âge où le regard que l’on porte sur son apparence compte tant.
Pourtant, tu n’as pas à lui demander : « Pourquoi m’as-tu fait ça ? » Ton corps n’est pas coupable. Il ne t’a pas trahi. Il arrive que des erreurs surviennent dans les cellules et que l’organisme ne parvienne pas à les corriger. Le corps a ses fragilités. Les ratés, les maladresses et les échecs font partie de la vie. Ces épreuves feront partie de ton histoire, mais elles n’ont pas à en écrire tous les chapitres.
L’enjeu, petit à petit, est de cesser de faire la guerre à ton corps et d’apprendre à vivre avec lui tel qu’il est aujourd’hui. Ce n’est peut-être plus tout à fait la vie d’avant ; tu ne te sens peut-être pas bien pour le moment. Mais cette vie reste la tienne.
Tu n’es pas obligé d’aimer chaque cicatrice. Pour l’instant, cette pensée peut suffire : « Mon corps traverse des traitements très difficiles. Ce n’est pas mon ennemi. »
Si ta mère ou ton père a un cancer
Quand un parent tombe malade, une certitude de l’enfance peut s’écrouler : les adultes sont forts, ils savent quoi faire, ils vont me protéger.
Soudain, tu découvres ta mère ou ton père inquiet, épuisé, parfois physiquement affaibli. Tu ne les reconnais plus tout à fait. De quoi se sentir perdu.
Et sans que personne l’ait décidé, les rôles s’inversent à la maison. Tu deviens adulte avant l’heure. Tu ne racontes plus tes problèmes à maman. Tu fais le ménage, t’occupes des plus petits, écoutes les conversations des grands, essaies de réconforter papa. Tu n’oses plus demander d’argent, tu caches tes soucis, tu tais ta propre peur. À force de vouloir protéger les adultes, tu risques de perdre ta place d’enfant.
Peu à peu, une règle silencieuse s’installe : « Ce n’est pas le moment de penser à moi. » Pour un enfant dont la famille traverse une maladie grave, c’est une expérience particulièrement douloureuse.
Oui, ta famille a peut-être besoin de ton aide. Mais aider ne signifie pas devenir un adulte de plus. Tu as toujours le droit d’aller en cours, de voir tes amis, de tomber amoureux, d’écouter de la musique, de jouer, de faire du sport, de rire, de t’énerver, d’avoir tes propres soucis et même de faire quelques bêtises.
La maladie d’un parent ne t’enlève pas le droit de grandir.
« Comment pourrais-je rire alors que maman est malade ? »
Tu peux te sentir coupable de connaître encore des moments heureux. Ce sentiment ressemble, par certains aspects, à ce qu’on appelle la « culpabilité du survivant ».
Dans ta tête, une frontière apparaît : « Elle souffre, et moi, je m’amuse. Je ne devrais pas. Elle va si mal ! »
Et sans t’en rendre compte, tu en tires une conclusion : « Alors, je dois souffrir moi aussi. »
Tu annules tes sorties, t’interdis de rire, refuses les invitations et t’en veux après une bonne journée. Pourtant, tu te prives justement de ce qui pourrait te soutenir et relâcher un peu la tension : le rire, les conversations, les rencontres chaleureuses et la présence des autres.
Mais ta souffrance n’est pas un médicament que tu pourrais donner à quelqu’un d’autre.
Si ta mère suit une chimiothérapie, renoncer à un anniversaire n’en atténuera pas les effets secondaires. Si ton père se remet d’une opération, avoir une bonne note, sortir avec quelqu’un, jouer au football ou passer une soirée entre amis n’est pas une trahison.
Parfois, ce que tu peux faire de plus sain, c’est continuer à vivre.
Si ton frère ou ta sœur a un cancer
Tu peux aimer ton frère et détester, en même temps, que toute la famille ne parle plus que de lui.
Tu peux être terrifié à l’idée que ta sœur meure et, en même temps, être furieux parce que tes parents ont encore annulé tes projets à cause d’elle.
Tu peux éprouver de la compassion pour ton frère ou ta sœur malade et envier les cadeaux et l’attention qu’il ou elle reçoit.
Non, cela ne fait pas de toi une mauvaise personne.
Il existe un mot pour cela : l’ambivalence. C’est le fait d’éprouver, en même temps, des sentiments opposés envers une même personne ou une même situation.
L’amour n’efface pas l’agacement.
La peur n’efface pas la jalousie.
La compassion n’efface pas la colère.
Les études et les recommandations cliniques concernant les familles dont un enfant est atteint de cancer attirent aussi l’attention sur ses frères et sœurs : ils peuvent ressentir de la peur, de la tristesse, de l’anxiété, de la jalousie et de la culpabilité. L’enfant qui n’est pas malade a lui aussi besoin de soutien.
Si c’est un ami qui a un cancer
Dans mon travail, je rencontre souvent ce piège : on finit par ne plus voir la personne, seulement son diagnostic.
Avant la maladie, vous parliez de jeux vidéo, de musique, de cours, d’amours, de mèmes et de projets pour l’été. Après l’annonce, chaque conversation risque de ressembler à un interrogatoire médical : « Et les analyses ? Qu’a dit le médecin ? Tu te sens comment ? C’est quand, le prochain traitement ? » Peu à peu, ton ami disparaît derrière le « patient », comme s’il ne restait plus que des examens et des rendez-vous.
Tu peux simplement lui demander : « Aujourd’hui, tu as envie de parler de ta maladie ou tu préfères qu’on pense à autre chose ? »
Vous pouvez parler des traitements. Ou passer dix minutes à débattre d’un film, rester côte à côte en silence, vous envoyer des mèmes absurdes, jouer en ligne, raconter les potins du lycée. L’amitié n’a pas à se transformer en suivi médical.
Ton ami a peut-être surtout besoin de retrouver cette sensation devenue rare : « Avec toi, je peux encore être moi-même. »
Ce qu’il vaut mieux éviter de dire à quelqu’un qui a un cancer
On peut blesser sans le vouloir, surtout quand la personne en face traverse déjà quelque chose de difficile. Voici quelques phrases que l’on entend souvent :
- Tout va bien se passer.
- Il suffit de rester positif.
- Tu es fort, tu vas t’en sortir.
- Je connais quelqu’un qui avait exactement la même chose…
- Au moins, ce type de cancer répond bien au traitement.
- Ne pense pas aux mauvaises choses.
- Tu n’as pas le droit de te laisser abattre.
On les prononce généralement avec les meilleures intentions, mais elles peuvent laisser l’autre encore plus seul.
Quelqu’un dit : « J’ai peur. » On lui répond : « N’aie pas peur. » Le message reçu, au fond, c’est : « Arrête de ressentir ce que tu ressens. »
Tu peux plutôt lui parler avec sincérité : « Oui, ça fait peur. Je ne sais pas quoi dire, mais je peux rester avec toi. Tu préfères en parler ou te changer les idées ? Qu’est-ce qui t’aiderait maintenant ? Tu veux juste que je t’écoute ? »
Souvent, rester auprès de quelqu’un, même en silence, vaut mieux que chercher à tout prix à lui remonter le moral.
Et si cette personne se renferme ?
Ne cherche pas à forcer la porte. Parfois, le silence est le seul moyen qu’une personne a trouvé pour garder un peu de contrôle. Elle peut être perdue, effrayée, ou ne pas avoir encore compris ce qui lui arrive.
Tu peux lui dire : « Je vois que tu n’as pas envie de parler pour le moment. Je n’insisterai pas. Mais si tu changes d’avis, je suis là. »
Puis laisse-lui vraiment de l’espace. Pas d’interrogatoire, pas de confidences exigées, pas de reproches du genre : « Mais j’essaie seulement de t’aider ! » Une aide qu’on est obligé d’accepter ne ressemble plus à une aide.
Certaines situations exigent toutefois qu’un adulte intervienne immédiatement. Si un adolescent parle de suicide, se fait du mal ou se trouve en danger immédiat, il faut contacter les secours ou un service local d’intervention de crise, sans se contenter d’attendre un rendez-vous. S’il cesse de manger ou de boire, ou si son état se dégrade brutalement, une évaluation médicale urgente est également nécessaire.
La colère : « Pourquoi moi ? »
La colère est l’une des réactions les plus naturelles quand le cancer entre dans ta vie. Elle surgit souvent lorsque nous nous heurtons à quelque chose que nous ne pouvons pas changer, quel que soit notre âge.
Quand un problème peut être résolu, nous agissons. Quand ce n’est pas possible, l’envie d’agir reste là, sans trouver d’issue. Alors viennent les questions : « Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? C’est injuste ! » Parfois, la seule réponse honnête est : « Oui. C’est injuste. »
La maladie ne frappe pas selon les mérites de chacun. Des gens bien tombent malades, des personnes malveillantes restent parfois en bonne santé. Les enfants tombent malades. Les sportifs aussi. Et ceux qui ont « tout fait comme il faut ». Tout ce qui arrive n’a pas forcément d’explication juste.
Parfois, mûrir émotionnellement ne consiste pas à donner un joli sens à ce qui s’est passé, mais à réussir à dire : « Je n’ai pas choisi cette situation. Pourtant, petit à petit, je peux choisir comment vivre avec elle. »
Que faire de cette colère ?
On nous apprend à pardonner et à « lâcher prise ». C’est facile à dire, beaucoup moins à faire. Tu peux en vouloir au monde pour son injustice, à la personne qui est tombée malade, aux médecins parce qu’ils ne peuvent pas tout faire et n’ont pas trouvé de traitement moins douloureux, ou à tous ceux qui sont en bonne santé autour de toi. Rien de cela n’a d’étrange.
Tu n’as pas à abandonner ta colère sur commande ni à pardonner au monde du jour au lendemain. Tu peux en prendre conscience et l’exprimer sans te faire de mal ni blesser les autres : en parler, écrire, dessiner, écouter de la musique, danser sur du rock très fort ou bouger si ton état le permet. Tu peux aussi demander l’aide d’un ami, d’un psychologue, d’un entraîneur ou d’un professeur et en parler autant que nécessaire. Si la colère te submerge, essaie de faire une pause, de ralentir ta respiration ou de te tourner vers quelqu’un en qui tu as confiance. On n’a pas démontré de façon fiable que crier, frapper un sac de boxe ou courir jusqu’à l’épuisement diminuait la colère. Si tu suis un traitement contre le cancer, discute au préalable de toute activité physique avec ton équipe soignante.
En consultation, je dis souvent : « Une peine partagée est une peine allégée. » Quand quelqu’un accueille une émotion intense, elle peut devenir moins écrasante et laisser un peu de place au reste de la vie.
Si, en ce moment, la colère, la douleur ou l’impuissance te submergent, essaie de dire à voix haute : « Je déteste que ce soit arrivé ! » Répète-le autant que tu en ressens le besoin. Puis prends le temps de remarquer ce qui se passe dans ton corps et en toi.
La peur de l’hérédité : « Un cancer dans ma famille, est-ce que je risque d’en avoir un ? »
Non. Le fait qu’un membre de ta famille ait eu un cancer ne veut pas dire que tu en développeras forcément un. Les antécédents familiaux peuvent être importants, mais « il y a eu un cancer dans ma famille » n’équivaut pas à « j’en aurai un moi aussi ».
La plupart des cancers de l’enfant ne s’expliquent pas par une transmission héréditaire simple. Il existe cependant des syndromes génétiques héréditaires qui augmentent le risque de certaines tumeurs.
Plutôt que de chercher sans fin des réponses sur Internet, essaie de reconstituer les antécédents médicaux de ta famille. Qui a eu un cancer ? De quel type ? À quel âge ? Plusieurs proches ont-ils eu des tumeurs similaires ? Quelqu’un est-il tombé malade particulièrement jeune ?
Si nécessaire, parle-en ensuite à un médecin ou à un spécialiste de génétique médicale. Le risque héréditaire est une question médicale, pas quelque chose qu’on peut deviner. Un conseil génétique et des tests choisis avec soin peuvent parfois aider à mieux le comprendre. Mais un résultat négatif n’exclut pas toujours un risque héréditaire.
Quand la peur du cancer devient une anxiété liée à la santé
Après la maladie d’un proche, tu peux commencer à surveiller ton corps sans arrêt. « C’est quoi, cette boule ? Pourquoi j’ai mal à la tête ? Ce ganglion était déjà comme ça ? Ce grain de beauté est vraiment normal ? »
Ton assistant d’IA préféré, ou Google qui semble tout savoir, te propose alors des dizaines de diagnostics terrifiants. L’angoisse monte d’un coup. Tes mains tremblent. Tu te palpes, tu vérifies encore, tu analyses la moindre sensation. Et la peur grandit. STOP.
Inspire. Puis expire lentement. Recommence : prends une longue inspiration, puis laisse l’air ressortir tout doucement.
À force de chercher toi-même un diagnostic, tu peux tomber dans un cercle vicieux : plus tu vérifies, plus tu t’inquiètes ; plus tu t’inquiètes, plus tu vérifies. Ces contrôles répétés, censés rassurer, entretiennent souvent l’anxiété pour la santé au lieu de l’apaiser.
Si un symptôme t’inquiète réellement, parle-en à un adulte en qui tu as confiance et consulte un médecin, même si tu as peur.
Ensuite, suis les conseils médicaux reçus au lieu de te surveiller et de chercher des diagnostics vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Comment prévenir la maladie sans avoir peur de vivre ?
Il faut accepter une réalité : personne ne peut réduire à zéro son risque d’avoir un cancer.
Mais nous pouvons diminuer certains risques connus. Ne fume pas et n’utilise pas de tabac. Ne commence pas à boire de l’alcool ; si tu en bois déjà, demande à un professionnel de t’aider à arrêter. Bouge régulièrement, mange de façon équilibrée, protège ta peau des UV excessifs et évite les cabines de bronzage. Si tu as des symptômes persistants ou inhabituels qui t’inquiètent, consulte un médecin. Et renseigne-toi sur les antécédents de santé importants dans ta famille. Sans perdre pour autant le goût de vivre : crée, voyage, retrouve tes amis, pose des questions, explore, découvre. Garde ta curiosité.
Attention toutefois à ne pas transformer les efforts pour rester en bonne santé en obsession du contrôle. On peut bien manger, faire du sport, passer les examens recommandés et, malgré tout, vivre dans la terreur de tomber malade.
Quand toute la vie tourne autour de la peur de mourir, on finit par oublier de la vivre.
Prendre soin de sa santé ne devrait pas nous faire oublier tout ce qui donne envie de vivre. La vie peut être passionnante, difficile, déroutante, drôle. La santé compte, bien sûr. Mais la légèreté, la curiosité et tout ce qui échappe à la peur comptent aussi.
Soutien psychologique et prévention du cancer : ne pas confondre
Soyons clairs. Une psychothérapie ne garantit pas que tu n’auras jamais de cancer. Avoir surmonté une rancune ne protège pas des tumeurs. En revanche, prendre soin de sa santé psychologique peut aider à mieux prendre soin de soi.
Par exemple, cela peut t’aider à :
- reconnaître que tu es à bout de forces,
- demander de l’aide,
- ne pas chercher à étouffer tes émotions avec de l’alcool ou de la nicotine,
- dormir suffisamment,
- entretenir tes relations,
- ne pas passer des années à te traiter avec une cruauté sans répit,
- connaître tes limites,
- apprendre à vivre avec l’incertitude,
- te rendre aux rendez-vous médicaux nécessaires au lieu de les éviter par peur. C’est là que comprendre ses conflits intérieurs peut vraiment avoir du sens.
Quels conflits intérieurs méritent ton attention ?
Les conflits intérieurs peuvent toucher à des émotions très profondes. Ils ne provoquent pas le cancer, mais ils peuvent rendre la vie pénible bien avant qu’une maladie ne survienne.
- « Je dois toujours être facile à vivre » : faire passer systématiquement les besoins des autres avant les tiens.
- « Je n’ai pas le droit d’être en colère » : croire que la colère est dangereuse ou interdite.
- « Je suis responsable de l’humeur de mes parents » : te sentir chargé de gérer les émotions des adultes.
- « Si je me détends, il va arriver quelque chose de grave » : une conviction qui peut t’enfermer dans une vigilance permanente.
- « Je dois tout contrôler » : une maladie grave peut rappeler douloureusement les limites de notre contrôle.
- « Je ne peux pas demander de l’aide » : affronter chaque difficulté tout seul.
- « Mes problèmes ne sont pas assez importants » : un sentiment fréquent quand quelqu’un est gravement malade à la maison.
- « Si je suis heureux pendant qu’un autre souffre, je suis quelqu’un de mauvais » : finir par t’interdire de vivre.
Ces difficultés méritent qu’on s’y attarde. Pas pour obtenir une garantie magique de bonne santé, mais pour ne pas passer sa vie à simplement tenir jusqu’au lendemain.
Comment demander de l’aide quand on est adolescent ?
Tu n’oses pas dire : « J’ai besoin de parler à un psychologue » ? Parfois, c’est plus facile de commencer par ce que tu vis concrètement :
- Je n’arrête pas de penser que maman va mourir.
- Depuis que mon frère est malade, je vérifie mon corps tout le temps.
- Je n’arrive pas à dormir.
- Mes amis se sont éloignés parce que je suis constamment en colère.
- Je ne ressens plus rien et ça me fait peur.
- Je n’arrive pas à en parler à mes parents : ils souffrent déjà tellement.
- J’ai besoin de parler à un adulte sans avoir peur de lui faire de la peine.
Dire ne serait-ce qu’une de ces phrases, c’est déjà une façon de demander de l’aide.
Tu peux en parler à un parent, à un autre proche, à un médecin, à un psychologue de l’hôpital, à un psychologue scolaire ou à tout autre adulte en qui tu as confiance.
Il devient particulièrement important de demander de l’aide si la peur, l’anxiété ou la tristesse t’empêchent de dormir, de manger, d’étudier, de voir tes amis ou de sortir de chez toi, ou si tu commences à penser à te faire du mal.
« Je ne veux déranger personne » : comment en parler ?
Dans une famille confrontée à une maladie grave, il existe un piège qui paraît presque noble : chacun veut protéger les autres. Maman cache à son enfant à quel point elle a peur. Papa cache à maman son épuisement. L’adolescent se tait : « Ils ont déjà assez de soucis. » Le frère ne dit rien : « Ce n’est pas moi qui suis malade. » Résultat : cinq personnes vivent sous le même toit, mais chacune traverse l’épreuve dans la solitude.
Une famille a donc besoin de moments où l’on peut parler sans crainte. Et c’est peut-être toi qui oseras ouvrir la conversation.
Tu peux commencer par demander :
- Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi en ce moment ?
- De quoi as-tu le plus peur ?
- Tu préfères que je t’aide ou simplement que je t’écoute ?
- Y a-t-il un sujet dont nous ne parlons plus à cause de la maladie ?
- Qu’est-ce qui nous manque de notre vie de famille d’avant ?
La dernière question compte particulièrement : elle peut ramener un peu de quotidien dans la maison et donner à la personne malade quelque chose de familier auquel se raccrocher.
Prenons un exemple.
La maison ne doit pas devenir une annexe de l’hôpital
Même lorsqu’un membre de la famille suit un traitement, il doit rester des moments où le cancer n’occupe pas toute la place. Un dîner en famille sans parler de la maladie. Un film regardé ensemble, puis une discussion parmi les coussins. Un anniversaire. Une promenade, même d’une heure. Quand c’est possible et que chacun en a envie, gardez de la place pour les plaisanteries, la musique, les conversations ordinaires et les petits bonheurs. Faites des projets, ne serait-ce que pour demain. Parlez de la vie du quartier. Dessinez, bricolez, cuisinez ensemble, lisez, écrivez-vous des lettres et glissez-les dans une boîte aux lettres fabriquée à la maison.
Toi et la personne malade êtes d’abord des êtres humains, sensibles, fragiles, capables de rire et de donner de l’affection. Ne laissez pas la joie et la curiosité disparaître de vos journées. Ne réduisez pas votre vie à une succession de diagnostics et de procédures. Quand vous le pouvez, gardez-y des rires, l’odeur d’un gâteau qui sort du four, un petit cadeau fait à la main. Si vous en avez l’énergie aujourd’hui, trouvez une occasion de faire une petite fête.
Ces moments familiers peuvent apporter un soutien émotionnel à la personne malade, l’aider à traverser les traitements et à faire des projets. Mais la joie ou un état d’esprit positif ne déterminent pas l’issue des soins.
Une personne est bien plus que son diagnostic. Une famille, bien plus que la maladie de l’un de ses membres.
Comment continuer à vivre quand le cancer a tout bousculé ?
Dans ma pratique, je vois des personnes réagir de deux façons opposées. Les unes disent : « Maintenant, je sais que plus rien n’a de sens. » Les autres pensent : « Désormais, je dois vivre chaque seconde parfaitement. »
Je le dis d’emblée : ces deux réactions peuvent devenir des pièges.
Tu n’as pas à découvrir le sens de ta vie dès que le cancer fait irruption dans ton monde, à parcourir la planète ou à te mettre à méditer tous les matins à cinq heures. Parfois, une question plus simple suffit : « Si la vie a une fin, qu’est-ce qui compte POUR MOI, aujourd’hui ? »
- Pas pour l’humanité entière. Pour moi.
- Avec qui ai-je envie d’être ?
- Qu’est-ce qui m’intéresse ?
- Comment ai-je envie de traiter mon corps ?
- Quelles relations ai-je envie de construire ?
- Qu’est-ce que je supporte seulement parce que j’ai peur de changer ?
- Quand est-ce que je vis la vie que quelqu’un d’autre a choisie pour moi ?
- Qu’est-ce que j’aimerais dire depuis si longtemps ?
- Qu’est-ce que j’aimerais essayer ?
- Qu’est-ce que j’aimerais arrêter de faire ?
Le cancer nous confronte au fait que la vie a une fin. Cela ne signifie pas que nous devrions vivre dans la peur permanente. Cela peut aussi nous inviter à être davantage présents à notre propre vie.
J’observe parfois, dans mon travail, quelque chose d’inattendu : après avoir été confrontées à la maladie, certaines personnes réfléchissent autrement à la manière dont elles veulent vivre. Des personnes que j’accompagne m’ont confié avoir commencé à écouter leurs besoins et à s’autoriser une vie plus riche, plus intéressante, seulement après leur diagnostic.
L’espoir n’est pas une promesse
Il y a un mot que j’aimerais soustraire aux slogans faciles : l’espoir.
Espérer, ce n’est pas avoir la certitude que tout finira bien. Personne ne peut promettre cela.
L’espoir peut ressembler à ceci : « Aujourd’hui, nous faisons ce que nous pouvons. Aujourd’hui, il existe des traitements. Aujourd’hui, quelqu’un est auprès de moi. Aujourd’hui, je peux poser une question au médecin. Aujourd’hui, je peux avoir peur et faire tout de même un pas de plus. »
Parfois, l’espoir est immense. D’autres fois, il tient tout entier dans la journée qui vient.
Dans mon travail d’accompagnement psychologique, mon rôle est de croire en chaque personne qui vient me voir et de l’aider à retrouver une part de la stabilité qu’elle a pu perdre au cours des traitements. L’espoir et la confiance dans les proches peuvent parfois donner la force d’affronter un jour de plus. Mais ils ne remplacent pas les soins médicaux et ne déterminent pas le pronostic.
Ce que j’aimerais que chaque adolescent retienne
Si le cancer est entré dans ta vie, qu’il te touche personnellement ou qu’il concerne un ami, ta mère, ton père, ton frère ou ta sœur, il n’a pas à te définir tout entier.
Tu as le droit d’avoir peur. D’être en colère. De pleurer. De ne pas vouloir parler. De poser des questions difficiles et de demander de l’aide. De rire. De tomber amoureux. De faire des projets. D’oublier parfois la maladie. De continuer à vivre.
L’un des pas les plus importants est peut-être de cesser, peu à peu, de te demander : « Qu’est-ce que j’ai fait de mal pour provoquer cela ? »
Et de commencer plutôt à te poser d’autres questions :
- Qu’est-ce que je traverse en ce moment ?
- Qu’est-ce que je peux vraiment contrôler ?
- Qu’est-ce qui échappe à mon contrôle ?
- De quelle aide ai-je besoin ?
- Qu’est-ce qui compte vraiment pour moi ?
- Quelle petite chose puis-je faire aujourd’hui ?
- Comment ai-je envie de passer cette journée ?
Personne ne peut se garantir une sécurité absolue.
On ne peut pas passer un contrat avec la vie qui promettrait que, si l’on mange bien, ne se met jamais en colère, règle ses conflits d’enfance, pense positivement et passe tous les examens, rien de grave n’arrivera jamais.
Ce contrat n’existe pas.
Mais nous pouvons faire autre chose : prendre soin de notre corps, nous appuyer sur la médecine moderne, réduire les risques connus, demander de l’aide. Nous pouvons affronter nos peurs et nos conflits intérieurs, construire des relations où l’on peut se dire la vérité, apprendre à supporter les émotions difficiles plutôt que les fuir toute notre vie. Sans transformer la maladie en faute, la prévention en obsession, ni la personne malade en simple « patient ». Et sans vivre dans l’attente permanente d’une catastrophe.
La santé n’est pas une garantie de ne jamais tomber malade.
La santé psychologique, c’est aussi la capacité de rester en lien avec soi-même, avec les autres et avec la vie, même quand nous ne pouvons pas tout contrôler.
Si tu es adolescent et que le cancer surgit pour la première fois dans ton monde, voici peut-être ce que tu as surtout besoin d’entendre : tu n’as pas à faire taire tes émotions, ni à cesser d’avoir peur, pour continuer à vivre.
TU AS LE DROIT D’AVOIR PEUR. TU AS LE DROIT DE NE PAS SAVOIR CE QUI ARRIVERA. TU AS LE DROIT D’AVOIR BESOIN D’AIDE ET D’EN DEMANDER. TU AS LE DROIT D’ESPÉRER.
ET DE CONTINUER À VIVRE, MALGRÉ TOUT.
Je t’embrasse. Irina Pavlova, autrice de Mike’s Balance.
Sources scientifiques
Les sources ci-dessous étayent les faits médicaux et les recommandations de sécurité. Les observations et interprétations psychologiques d’Irina Pavlova ne doivent pas être confondues avec les résultats des études citées.
- NCI : Stress et cancer
- American Cancer Society : Les émotions et les attitudes influencent-elles le cancer ?
- NCI : Parler de son cancer à ses enfants
- NCI : Soutenir les frères et sœurs d’un enfant atteint de cancer
- NCI : Fiche d’information sur les tests génétiques
- Kjærvik et Bushman (2024) : méta-analyse de 154 études sur la gestion de la colère
- NHS : Anxiété liée à la santé
- NHS : Où demander de l’aide en cas d’automutilation
- American Cancer Society : Activité physique pendant les traitements contre le cancer
Cet article porte sur le soutien psychologique. Il ne remplace pas l’avis du médecin traitant ou d’un professionnel de la santé mentale. Si la vie d’une personne est en danger immédiat, contactez les services d’urgence.